Parachutés en France ! - La Révolution en Charentaises

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Parachutés en France !

dimanche 29 octobre 2006, par Montag / 11106 visites

Comment la Légion Etrangère baffoue les préceptes Sarko pour accueillir ses recrues.

Même avec un pyromane comme Sarko pour mettre le feu aux poudres, nul doute que les fameuses "violences de nos banlieues", survenues il y a bientôt un an, sont surtout la conséquence de l’échec de vingt ans de nos politiques d’accueil, sans que cela signifie occulter tous les ponts et échanges qui ont pu naître de la rencontre avec ces cultures, comme il en a toujours été.

Au ciel... et sur Terre !Voici néanmoins une raison de s’intéresser à l’une des rares institutions françaises qui peut se targuer d’avoir joué la carte de l’accueil avec succès (le jugement sur leur finalité n’étant pas abordé ici).

Quid des préceptes Sarko dans la Légion Etrangère, plus particulièrement dans le REP, le Régiment Etranger des Parachutistes installé à Calvi ?

Le dernier Zone Interdite "Au coeur de la légion : des hommes d’exception" canarde un brin les bases Sarkosiennes...

Pour être accueilli et que ça marche, déjà, nul besoin de connaître la langue française car 16 semaines suffisent à en enseigner les rudiments, en mettant chacun à contribution, non francophone comme francophone. Au début ça ne fait pourtant pas très sérieux...

Autre différence, de taille : les retours au bercail ne sont pas encouragés ! Ici les demandes de permission pour retourner dans son pays d’origine peuvent être refusées, car on se préoccupe de ce qu’il peut y advenir (par exemple, il est possible, en Pologne, d’être emprisonné parce que l’on sert l’armée française). Ca change des charters accueillis par la police locale !

La tolérance zéro aussi est appliquée différemment : il n’est pas rare que le sanctionneur accomplisse la même sanction que le sanctionné. Si le motif avancé est de conserver la crédibilité de l’autorité, on peut aussi noter que c’est une manière de reconnaître une responsabilité collective.

Encore une chose, le chemin vers la nationalité française n’est pas un parcours du combattant : nul besoin d’attendre 10 ans, ou de faire des queues interminables pour l’obtenir. Après 3 ans passés dans la légion, on peut en faire la demande.

Du coup... Cela fonctionne bien, apparemment. Comme dans une armée régulière, des liens d’entraide se créent entre des individus qui vivaient auparavant aux quatre coins du monde, chacun dans sa culture, chacun dans sa galère. Quand l’un d’entre eux ne peut plus porter son sac sur des dizaines de kilomètres, les autres se relaient pour le faire.

L’ombre au tableau ? Elle est cachée par une énorme tache : il s’agit, comme d’habe dans l’armée, d’une assimilation et non d’une intégration. Le contrat est basé sur l’uniformisation des personnalités (le seul modèle accepté étant le kit obéissance et abnégation), mais aussi de la culture. Même langue, même nourriture, mêmes pieds propres en sortant de la douche !

Moins de chance de s’accrocher en discutant uniquement des probabilités de se briser le dos lors d’un largage, ou de la main au cul qu’on compte coller à l’hôtesse de l’air lors du vol Calvi-Paris...


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