The Bubble, Les Amants de Tel-Aviv - La Révolution en Charentaises

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The Bubble, Les Amants de Tel-Aviv

mardi 10 juillet 2007, par Camille D. / 8237 visites

Ils sont jeunes, beaux et insouciants - pas tant que ça en fait. Ils vivent à Tel-Aviv, dans ces quartiers branchés où il fait bon d’être homo ou artiste, ou les deux. Un jour Noam, l’israëlien, rencontre Ashraf, le palestinien au check-point de Naplouse...

Quand le film commence on se demande quelle histoire on veut nous raconter. Une enième scène de conflit entre israéliens et palestiniens ? On sent la peur, la rage, et la haine monter. Le conflit est à fleur de peau. Les hommes sont électrisés.

The Bubble, l'affiche du film Pourtant il n’en est rien. La scène suivante, Noam rentre chez lui, dans la bulle qu’est Tel-Aviv, après avoir (mal)vécu sa période de réserve dans l’armée israélienne. Il retrouve ses colocataires et amis, Yali et Lulu, qui l’embarquent très vite dans le quotidien, et les déboires de leur vie amoureuse. On se croirait alors à Paris, Londres ou New-york, dans une comédie sentimentale légère. Mais nous sommes à Tel-Aviv, ville méditerranéenne construite par des européens, où l’air de la mer est emprisonné par les hôtels de la côte.

Et Ashraf débarque, dans la vie de ces jeunes israéliens, mais surtout dans celle de Noam. Très vite ces deux là s’aiment passionnément, déraisonnablement,tragiquement. Et l’engagement politique rattrape tout le monde. Déjà militants pour la cause gay, ils s’engagent alors pour la paix, à leur façon. C’est la rave contre l’occupation, mais c’est surtout cette envie de croire que Palestiniens et Israëliens sont frères, amis, amants.

Mais si dans la bulle les mentalités ne sont pas toutes prêtes à évoluer - Lulu, entière et passionnée, se heurte à plusieurs reprises aux idées bornées d’un grand nombre de ces congénères -, de l’autre côté de celle-ci, dans la Cisjordanie d’Ashraf, la barrière de la religion et le poids de la famille sont des obstacles infranchissables.

Tout l’espoir du film réside dans la jeunesse de ses personnages. Ils ont 20-25 ans et ne rêvent que de devenir styliste, artiste, de trouver l’homme de leur vie et surtout de vivre en paix, avec les autres et avec eux-mêmes : guérir les espoirs perdus de leurs parents, ne pas fléchir sous le conservatisme communautaire.

Eytan Fox collabore une nouvelle fois avec Gal Uchovsky, co-scénariste et producteur [1]pour réaliser ce film envoûtant où l’on passe de l’amour sous ecstazy à l’attentat kamikaze. Leurs personnages ne sont pas irresponsables, mais simplement embarqués dans un mécanisme de survie qui les sauve de la haine. Car comme le résume si bien Yali : "J’aime beaucoup Tel-Aviv, dommage qu’il y ait tout ce bordel autour."

THE BUBBLE (2006-1H57) Film franco-israélien de Eytan Fox avec Ohad Knoller, Yousef "Joe" Sweid, Daniela Wircer et Alon Friedmann. Prix du Public au Festival de Berlin 2007.


Voir en ligne : La bande annonce du film The Bubble.

Notes

[1] Les auteurs vivent eux-mêmes rue Shenkin, dans le quartier branché et alternatif d’Israël.


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