Wolfgang Master est-il feignant ? - La Révolution en Charentaises

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Wolfgang Master est-il feignant ?

jeudi 7 juillet 2005, par Anatole Ibsen, Thimothée Lange / 6663 visites

Où Wolfgang Master manque de sang-froid (et de cohérence)...

Wolfgang Master n’est pas feignant. Au bureau, on l’appelle Stakhanov, c’est dire, tant il dévore les dossiers comme d’autres avalent goulûment les pages d’un bon polar. Wolfgang Master, c’est un phénomène ; le rêve de tout patron. Efficacité, rapidité.

Wolfgang, il est comme ça et cette attitude régit toute sa vie : il fait la cuisine pour de vrai, ne se contentant jamais d’un plat tout préparé au bain-marie. De la même façon, il court pour de vrai, chaque jour et pendant une demi-heure minimum, prolongeant toujours de quelques minutes (c’est à cela qu’on reconnaît les durs à cuire) le plaisir de sa souffrance. Bref, il aime l’effort, comme cette fois où il gravit, en plein mois d’août, seul et sans guide, le Mont Blanc, histoire d’air pur et de sensations fortes.

Cette quête incessante de la perfection, cette horreur du relâchement, cette apparence d’idéal semblent caractériser Wolfgang Master mieux qu’aucune pièce d’identité. Adhérent de longue date aux idées écologiques, il combat depuis toujours les petits cons qui jettent leur pack Maxi Best Of à même le sol, parce que c’est définitivement trop dur de trouver une poubelle. De ça, il a horreur.

C’est précisément ce à quoi il était en train de penser, le cul vautré dans sa voiture diesel, embourbée dans d’inexplicables bouchons. Alors qu’il aurait été si simple de prendre ses petites jambes. Surtout pour une baguette...

Mais Wolfgang Master n’était pas en mesure d’appréhender tout ça, trop occupé à beugler comme un âne contre des automobilistes embouchonnés, finalement aussi peu concernés par l’environnement que lui-même.


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