Ne pas boire Front National - La Révolution en Charentaises

Ne pas boire Front National

mardi 3 janvier 2006, par Anatole Ibsen / 10254 visites

C’est une exclusivité La Révolution en Charentaises. L’on savait, depuis un lancement fort médiatique il y a dix-huit mois à Mailly-Champagne, que Jean-Marie Le Pen, leader du Front National, avait un fort désir d’investir dans le vignoble. L’on ignore encore si c’est le pinot noir qui l’intéresse ou si c’est un autre cépage qui a trouvé ses faveurs...

Jean-Marie Le Pen accompagné de Patrick BoursonToujours est-il que c’est très discrètement que Monsieur Le Pen est venu déjeuner à Reims, patrie de Jeanne d’Arc, mercredi 21 décembre dernier. Aucun journaliste n’avait évidemment été convié au déjeuner. A sa table, Patrick Bourson, qui lui non plus ne convia aucun journaliste, chose étonnante lorsque l’on sait que l’homme est pourtant habitué aux coups médiatiques autant qu’aux gros coups (il a été, en 1980, condamné à douze ans de prison pour braquage, en a finalement passé cinq à Clairvaux, et n’est au bout du compte jamais parvenu à récupérer ses droits civiques).

Mais de discrétion, il y eu finalement peu. En effet, c’était sans compter sur la présence, dans la même brasserie, d’un Révolutionnaire en Charentaises qui ne résista pas (qui l’eut pu ?) à l’envie de contacter les médias locaux (L’Union s’est déplacé, cf. l’article ci-joint) ainsi que Ras l’front et SOS Racisme. Ces deux derniers n’ont malheureusement pas pu faire le déplacement...

De cette rencontre privée, seul Patrick Bourson - époux de Catherine, conseillère régionale FN de Champagne-Ardenne - s’est exprimé sur les affaires florissantes qu’il comptait engager avec Jean-Marie Le Pen. Il y a dix-huit mois, Le Pen s’était offert avec Jany, son épouse, 50 % du capital de la maison de négoce François Daumale, sise à Rilly-la-Montagne, près de Reims. C’est Patrick Bourson qui détient l’autre moitié. A cette occasion, Le Pen et Bourson avaient annoncé la création de trois instances concurrentes aux organisations professionnelles actuelles du monde du champagne : un comité des indépendants en vins de champagne (CDIV), une Union des maisons de champagne indépendantes (UMCI) et un syndicat général des vignerons indépendants (SGVI).

Si les associés visaient, selon L’union, « 200.000 cols à partir de la vendange 2004 », l’objectif serait de collecter à terme la production de cent cinquante hectares afin d’approcher le million de bouteilles ».

De quoi inciter largement les Révolutionnaires en Charentaises (et les autres) à bien lire entre les bulles avant d’acheter leur Champagne...

Voir en ligne : D’autres informations sur le site de Ras l’front Reims


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