Matraque - La Révolution en Charentaises

Matraque

dimanche 6 mai 2007, par Onno Maxada / 12819 visites

Symbole phallique vénéré par les gouvernements impopulaires et les amateurs d’uniformes en mal de virilité.

Le culte de la matraque se célèbre à grands renforts d’ecchymoses, de muscles meurtris, d’hémoglobine, d’os brisés, de mâchoires défoncées et de traumatismes crâniens. De l’australopithèque encore mal dégrossi qui - le premier - a pris un bâton pour le mettre en travers de la gueule de son semblable au gendarme - mobile d’aujourd’hui, les principes fondateurs du rituel millénaire ont finalement peu changé : il s’agit toujours pour le plus fort de soumettre par la violence et l’humiliation celui qui résiste ou qui a le malheur de ne pas plaire au régime en place.

L’interminable liste des matraqués dessine en pointillés l’histoire d’une humanité meurtrie mais debout : esclaves martyrisés par les négriers, partisans de Gandhi tabassés par l’armée anglaise, déportés torturés par leurs geôliers SS, militants de l’ANC roués de coups par les policiers blancs, etc. Quel que soit le lieu et l’époque, il s’est toujours trouvé un bras musclé pour tanner la chair pacifiste ou révoltée, et pour transformer un homme libre en morceau de viande informe et sanguinolent. Sans surprise, les salauds sont toujours du bon côté de la matraque.

Dans la Chiraquie d’aujourd’hui, la matraque est brandie comme un sceptre. Elle est devenue le pilier des politiques de l’emploi, de l’intégration et de l’éducation du gouvernement de Villepin - Sarkozy.

Cet article est dédié aux manifestants anti-CPE et non aux casseurs qui leur en foutent sur la gueule et décrédibilisent le mouvement.



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1 Message

  • Matraque 6 mai 2007 23:04, par Marvin Flynn

    Alors qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus en Chiraquie, gageons que les matraques, elles, se gaussent dans leurs chaumières.